Qu’est ce que La Nuit ?

Qu’est ce que La Nuit ?

La Nuit est la deuxième partie du cerveau féminin qui représente le caché mais aussi la nuit au sens propre. Il est bien connu que celle-ci soit source de refuge et d’extériorisation. 


La nuit
, la femme rentre chez elle, referme la porte derrière elle, et dans ce geste simple, elle laisse dehors tout ce qu’elle a porté de la journée. Elle enlève ses bijoux un à un, détache ses cheveux, retire ce qui lui serrait la peau et ce qui pesait sur ses épaules. Elle se défait lentement de l’image qu’elle a donnée au monde, comme on enlève un costume trop serré. Elle s’allonge dans le silence, ce luxe rare qu’on ne trouve plus que la nuit.

Dans cette demi-obscurité, elle ferme les yeux et revoit le jour qui vient de passer, comme un film dont elle connaît chaque scène. Les mots qu’elle a retenus, les sourires forcés, les colères avalées, les gestes, les moments importants. Et plus les minutes passent, plus les couches tombent. Les pensées se mélangent, les émotions reviennent, parfois violentes, parfois tendres. Elle repense à tout ce qu’elle doit être pour tenir, à tout ce qu’elle voudrait être sans avoir à se battre.

La femme la nuit n’est plus dans la représentation. Elle se parle à elle-même comme on parle à une amie, sans filtre. Elle se dit qu’elle est fatiguée d’être forte, fatiguée de sourire quand son cœur a besoin de repos. Mais au fond de cette lassitude, il y a une immense clarté : celle de se savoir encore debout, encore capable de ressentir, d’aimer, et de comprendre des choses que beaucoup ne comprennent pas.

C’est là, dans ce moment suspendu entre la veille et le sommeil, qu’elle se retrouve enfin. Elle ne cherche plus à plaire, elle ne cherche plus à prouver. Elle écoute son souffle, elle écoute son corps, elle écoute ce qu’elle a trop longtemps étouffé. Et dans ce silence, il n’y a ni honte ni faiblesse parce que sa personne est bienveillante envers elle même.

C’est le moment où la femme cesse de jouer le rôle qu’on attend d’elle pour redevenir celle qu’elle est profondément : sensible, lucide, belle autrement, vraie. Elle se regarde sans miroir, elle s’aime sans vice, elle respire sans devoir briller. Et dans cette paix intérieure, elle comprend que la lumière qu’elle cherche le jour ne vient pas du monde extérieur, mais d’elle-même.